mardi 25 décembre 2012

Le jour et la nuit

Le jour dévoile la nuit sans aucune pudeur. Le jour jalouse la pleine lune qui éclaire juste ce qu’il faut les ombres isolées et transies. Il fait montre d’une effronterie sans égal. Pourtant elle a vite fait de cacher ses plaintes et ses fausses notes. La nuit porte conseil, le jour l’emporte. La nuit, tous les fats sont gros, les rats scélérats. C’est les rats ratés par les matous d’égouts qui dégoutent le chat délicat à sa maitresse, reine des caresses. La nuit porte conseil, le jour l’emporte. La nuit nous couve, elle dort mais veille, le jour nous découvre, brouille et dissipe les rêves timides. La lumière crue refroidit la couverture heureuse et chaude de la nuit. Le jour et la nuit ne s’épouseront pas.

samedi 22 décembre 2012

Chez le dentiste



Pouvez-vous patienter une minute ?
 Menteuse ! Ça veut dire une éternité.
 J’attends. Mais je n’ai pas toute la vie, moi.
 Tout de suite ou merci. Soyons patients. Je suis en sueur,
La salle d’attente, ma  plaquette de freins qui s’use, je  broie du noir, je fais  les cents pas, je change de siège. Je sursaute au moindre bruit, c’est sûrement mon tour. Mon thé au poireau se réchauffe, même du réchauffé, j’accepte ! Mon goût pour le thé est contagieux. Mes mauvaises radiations ont pris le dessus : des types d’après commencent à bouillir. Ils lisent en biais des revues écornées, qui ont  trop attendu. Comment être flegmatique ? Je hais les anglais et leur soi-disant  maîtrise. Je veux partir, non je veux passer et quitter l’odeur de renfermé de cette salle des soupirs. Et l’autre qui pianote d’impatience et qui croise et recroise ses jambes, qui se gratte les oreilles et s’oublie jusqu’à ses narines. La contagion se généralise. La gardienne des lieux en a vu dans sa vie de serveuse de thé au poireau. Elle ne se formalise pas. Mais cette fois, la révolte se sent, elle est bien réelle. Elle lève de temps en temps ses yeux de son magazine non écorné pour analyser ces excités  qui meublent ses journées. Elle baye d’ennui. On dérange Madame ! Une sonnette remet notre dame à la surface. Elle écorne son magazine (tout s’explique) et se dirige vers la porte tant convoitée. Après une minute élastique, j’entends mon nom et je me précipite vers mon dentiste pour une torture d’un autre genre. Finalement, je préfère poireauter.

jeudi 20 décembre 2012

Pour mon frère qui nous a quitté



Je suis dans le ventre de ma mère et je m’aperçoit que je ne suis pas seul. Mon frère aussi occupe ma mère. Je suis jaloux et je le montre. Je baigne dans un liquide paradisiaque. Il parait que maman est au courant de notre future existence. Ce liquide, je le partage. Cette eau bénite n’est pas totalement mienne. Quand je vogue béatement dans la mer de ma mère, je cogne souvent mon con de frère qui me rappelle  froidement  que je dois partager. Je suis de nature égoïste, mon plaisir avant tout, pourquoi devrai-je partager ? Je sais que j’ai les faveurs de ma mère. Innocent je le suis, et possessif aussi. La haine est l’anti-chambre de l’amour. Je l’aime, mon frère ? C’est mon premier amour après ma mère. Pourtant, maintenant, tout de suite, c’est la répulsion. Ma première rencontre avec le fils de ma mère.
Premier parmi de milliers de concurrents, je goûte délicieusement à cette victoire vitale. Il faut dire qu’il n’y a pas de second ou de troisième dans cette course. Les perdants perdent leur vie. Seul survivant victorieux parmi des milliers de gladiateurs morts. Le plus téméraire a eut les faveurs de sa dulcinée et c’est moi cet heureux gars. Je me croyais tout seul  mais je viens de recevoir l’ordre de partager ma première place,  de  partager, de donner un peu de moi-même. Quelle misère ! Je ne veux pas donner mais l’ordre vient d’outre mère ; il faut acquiescer sans broncher. Après tout c’est comme donner un peu de son sang : il se régénèrera vite fait. Et puis un frère ça doit être chouette.
Consolons nous comme on peut.

Cette petite histoire est dédiée à mon  frère disparu.
 Mon  frère ainé nous a tiré sa révérence un certain 04 décembre 2012.
A Dieu nous appartenons et à Dieu nous retournerons.
Paix à ton âme.



           

mercredi 19 décembre 2012

Mon chat télépathique



Mon chat
Il m'est arrivé aujourd'hui une aventure étrange Mon chat communique avec moi. C'est invraisemblable mais c'est ainsi. Je perçois sa pensée comme une pensée mienne Au tout début, je mettais ça sur le compte de la coïncidence. Mais une coïncidence ne se répète pas à longueur de journée. J'observe ses yeux d'Agathe qui me scrutent aussi et il me semble que ma conscience n'a plus de secrets pour mon chat. Je suis nu devant son regard. Il n'a pas besoin de miauler pour me demander un câlin : une pensée s'impose à mon esprit et je m'exécute avec plaisir. A mon tour, je lui ordonne muettement de me ramener quelque chose et je suis servi. Ma femme et mes enfants  ne connaissent pas notre secret.  Comment et quand cela a débuté ? Je me souviens seulement d'une nuit sans lune où une insomnie tenace me collait  à l'oreiller. J'essayais de percevoir les bruits de la nuit.  Au début, j'entendis un cri imperceptible mais qui montait jusqu'à devenir un miaulement rauque qui cassait la sérénité de la nuit. Je me suis levé sans réveiller ma femme pour me  diriger vers ce bruit, vers le balcon  où se trouvait allongé mon siamois au joli minois. Il ne semblait pas étonné de ma présence. Comme s'il m'attendait A peine ais-je croisé son regard que la première pensée fusa comme une réalité bien palpable : « Je t'attends depuis longtemps et le moment est enfin venu. Le secret doit être de mise. C'est la condition de notre contrat. Si une tierce personne vienne à percer notre secret, nos pensées comme nos chemins vont se séparer » Ma réponse pensée était l'acquiescement. Quand on communique par la pensée, on n'a pas le temps de filtrer notre réponse. La pensée est plus rapide que la parole  Ce n'est plus la peine de retourner sa langue sept fois avant de parler. J'avais tout simplement donné  ma langue au...chat

mardi 18 décembre 2012

j'ai arrété de m'enfumer



Ça y est, j’ai arrêté de fumer. Enfin, depuis soixante  longues minutes. Un exploit ! Je respire. Mais que faire de mes doigts  et lèvres, restés chastes très longtemps. Un petit câlin labial ? Non, cette sexualité est mortelle. Mais combien elle est douce, cette mort en belles volutes, cette mort à petit feu. Préparer ma clope pour ne pas la brusquer, bien tasser le tabac en tapotant sur le filtre, elle me demande toujours de humer avant de  l’allumer tendrement. Elle préfère les allumettes au briquet. L’odeur soufrée de l’allumette l’excite qu’elle me dit.
Bon, je me ressaisis, je secoue ma tête pour épousseter ces images  et je respire à fond ! J’essore rageusement mon paquet de clopes pour le jeter très … prés de moi ! On ne sait jamais. Quel con je fais ! Où est ma volonté ? Mais c’est mon sang saturé de nicotine qui commande. Mais moi, oui moi, j’ai une volonté de fer, du fer de mon hémoglobine, squattée par un cancer annoncé. Ça doit être encore un bluff de mon toubib. Il fait de son mieux, mon serviable toubib. C’est un  psychologue qu’il me faut. Seulement celui que je connais fume. Il va sûrement me dire qu’il faut accepter  philosophiquement cet état de fait. Mais c’est un esclavage, cet état, mon vieux ! : Les matins  difficiles, l’haleine fétide, la toux chronique, les crachats fréquents, mes poumons qui n’aiment pas les escaliers .les cendriers qui débordent, mes enfants fumeurs malgré  eux. J’allais oublier mes pauvres chemises trouées lors de nos ébats cendrés. Cette  mante religieuse ne m’a pas eu.  
Deux heures déjà sans elle, La jalousie me consume  quand je la vois plantée dans le bec d’un autre.Deux heures de trop. Ahhhhhh!










lundi 17 décembre 2012

Le texte sans "o"


Le bicycle et sa maitresse 
 
il était un frein qui faisait du sur place sans s'acclimater de la pluie diluvienne. La bécane était en pleine sieste, sur sa selle en cuir désirable. Sa maitresse astiquait ses fers blancs en ayant en vue ses phares placides. Notre bécane pédalait d'aisance, malgré le sur place. il ne manquait que le frein qui l'enviait car celui ci faisait un clash au sujet des préférences de Madame sa maitresse.
Ce frein aimait sa maitresse déambulant sur les sentiers des pins. Quand vint la nuit, le bicycle allumait ses lampes chercheuses et le frein attendait un signe de sa maitresse-fée. Rarement était-il demandé, ah vivement l'arrivée afin de se partager les lauriers: je suis le frein de tes tendres écarts, freines ma belle, à tes... mains je m'agrippe.
 
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